Procrastination et confiance en soi
Procrastination et confiance en soi

Procrastination et confiance en soi

La procrastination ou l’habitude de remettre les choses à plus tard peut être pour ceux qui la vivent un véritable frein au développement d’une confiance en soi à toute épreuve.

Je le ferai plus tard, on verra ça demain, je prends un autre café et je m’y mets. Voici des petites phrases que les procrastinateurs connaissent bien.  En conséquence, demain sera la journée la plus chargée de la semaine.

Le fait d’ajourner sans cesse les tâches quel que soit leur degré d’importance n’est pas anodin et peut parfois nous empêcher d’exprimer pleinement nos capacités.

Cet article n’a pas pour but de faire culpabiliser le procrastinateur ni de passer en revue 36 méthodes pour passer à l’action. Même si j’y aborde quelques astuces, il a plus vocation à réconcilier les procrastinateurs avec eux-mêmes et de la sorte prendre confiance en soi.

De toute façon, vous êtes déjà en train de procrastiner devant votre ordinateur ou téléphone en me lisant au lieu de faire des choses plus importantes.

procrastination
Nous ne sommes pas tous les mêmes procrastinateurs

Ecouter l’article en podcast.

Quel procrastinateur êtes-vous ?

Avant de pouvoir entrevoir des solutions, il est important de bien comprendre notre position face à ce mécanisme. Il existe plusieurs profils de procrastinateur, saisir quel est le nôtre permet de mieux nous connaître et d’amorcer des changements.

1 Les procrastinateurs qui aiment ça.

Et oui cela existe, certains aiment faire les choses dans l’urgence, ils aiment « l’adrénaline  » et la pression du dernier moment. C’est une sorte de stimulus, un moteur.

2 Utiliser la procrastination comme système de défense.

D’une certaine façon repousser à plus tard nous protège. J’ai prévu de faire ça, mais plus tard. Ainsi, je fais un choix, mais reste en sécurité en le repoussant.

3 Ceux qui doutent de leurs capacités ou qui se trouvent des excuses.

Est-ce le fait de douter de nos capacités qui nous fait reporter les choses à plus tard. Ou est ce la procrastination elle-même qui nous empêche d’exprimer notre plein potentiel ?

4 Avoir peur du résultat.

La peur de l’échec ou de la réussite, mais surtout des conséquences personnelles qu’entraînera ce résultat. Parfois celui-ci inquiète plus que le passage à l’acte lui même.

5 Ceux qui procrastinent en espérant que quelqu’un le fasse à leur place.

On les rencontre souvent dans le domaine professionnel et c’est souvent lié à la motivation de celui qui repousse.

6 Commencer, mais finir plus tard.

C’est une sorte d’auto-sabotage inconscient. Je choisis, je m’y mets, mais ne finis pas. Comme ça je ne m’engage pas complètement et ne risque rien.

7 Ceux qui font passer le plaisir en premier.

Certes il est important de se faire plaisir, mais il ne faut pas non plus repousser sans cesse les activités moins plaisantes. Qui plus est, même les taches ingrates une fois accomplies apportent de la satisfaction.

Que faire en fonction de votre profil ?

Vous vous êtes peut être reconnu dans un ou plusieurs de ces profils, voici quelques idées pour dépasser tout ça.

1 Si vous aimer faire les choses dans l’urgence et que vous avez besoin de cette stimulation « extrême  » pour vous y mettre et que vous le vivez bien alors pourquoi changer ?

2 En utilisant la procrastination comme mécanisme de défense, prenez conscience que vous ne serait pas plus protégé demain que maintenant. Alors autant vous y mettre tout de suite.

3 En doutant de vos capacités à faire quelque chose ou en cherchant des excuses pour ne pas vous y mettre. Vous perdez un temps fou. Au lieu de perdre ce temps précieux à cogiter, vous auriez peut-être déjà fini ce que vous n’avez même pas commencé.

4 Si vous avez peur du résultat, dites-vous que quoiqu’il arrive il y aura un résultat. Donc, autant être déçus ou satisfait de ce que l’on a réalisé plutôt que ce que l’on a pas fait. Comme on dit mieux vos les remords que les regrets.

5 En reportant une tâche et en espérant que quelqu’un le fasse à votre place vous risquez surtout d’attendre longtemps. Un autre point négatif est que vous risquez aussi de perdre la confiance des gens de votre entourage. Et de surcroît, si tout le monde agissait comme ça on irai pas bien loin.

6 Lorsque vous commencez, mais ne terminait pas, félicitez-vous au moins d’avoir démarré, c’est déjà un bon point. Par la suite, entraînez-vous à considérer une besogne ou une corvée dans son ensemble et non pas avec un début et une fin.

7 En ce qui concerne le plaisir. Comprenez que l’on obtient plus de satisfaction à concrétiser un projet professionnel ou personnel qu’à jouer à candy crush.

Procrastination ou acrasie ?

 Ces deux notions sont relativement proches et vont souvent de pair mais pas toujours. L’acrasie (acrasia en Grecque) se traduit par le fait d’aller à l’encontre de son meilleur jugement. C’est un concept philosophique développer par Socrate.

Comment est-il possible de penser que telle chose est la meilleure solution et de faire exactement l’inverse ? Je ferai mieux de faire de l’exercice et de bien manger, mais finalement je mange des chips devant la télé, ça vous parle ?

L’acrasie peut s’expliquer par un ou plusieurs de ces 3 éléments : la recherche de gratification immédiate, le manque de discipline, le manque d’engagement.

Ces trois facteurs sont également des composants de la procrastination. Ce qui fait que l’acrasie et l’habitude de reporter les choses à plus tard ont certainement les mêmes racines. Cependant, ce n’est pas tout à fait la même chose.

Clairement l’acrasie c’est : je veux, je peux, mais je ne le fais pas. 

La procrastination c’est : je veux, je peux, mais je le ferai plus tard.

Nous pouvons être victimes de l’acrasie mais pas de la procrastination et inversement.

Toutefois, bien saisir ce qui fait que nous n’avançons pas ou peu et que notre satisfaction personnelle n’est pas à son plus haut niveau, aide à nous comprendre et à nous améliorer.

Chercher de la gratification dans l’accomplissement d’activités et de tâches sérieuses au lieu de divertissements sans véritable importance. Travailler notre autodiscipline au lieu de papillonner et enfin nous engager envers les autres, mais avant tout envers nous-mêmes.

Ces trois démarches positives augmenteront sans aucun doute notre satisfaction et notre confiance en nous et nos capacités.

procrastination la liste des choses à faire
Je fais une liste et je m’y mets après.

La fameuse liste.

Voici mon point préféré de la procrastination, la « to do list », la très motivante liste des choses à faire. Un véritable marché s’est développé autour de ça. Il existe des applications, des extensions google, des logiciels et probablement des cabinets d’élaboration de « to do list ».

Quel procrastinateur n’a jamais essayé ? À moins que vous ayez des problèmes de mémoire ou que vous manquiez cruellement d’organisation, cette liste ne sert pas à grand-chose. En effet, vous savez très bien ce que vous avez à faire et dans quel ordre de priorité.

L’énumération écrite peut même selon moi pousser à encore plus de procrastination. Je ferai la liste plus tard et je m’y mettrai quand je l’aurai faite… Et voila la boucle est bouclée.  

Si vous tenez vraiment à en faire une, faites une liste de chose de base que vous êtes certain de faire. Par exemple, sortir du lit, aller aux toilettes, prendre une douche, faire du café, etc. Ici au moins vous aurez la satisfaction de rayer des éléments sans vous être forcé à faire quoi que ce soit et cela peut peut-être vous motiver à en faire plus.

Une autre solution bien plus efficace est d’écrire une liste de chose à ne pas faire. J’ai essayé et je vous assure que c’est beaucoup plus motivant. Par exemple, ne pas lire encore un article futile du type les cinq races de chat préférées des Français, au lieu de répondre à mes mails professionnels. Ne pas discuter trente minutes de la pluie et du beau temps avec la voisine au lieu de ranger mes dossiers, ne pas faire de liste de trucs à faire.

 Soyez honnête avec vous même vous savez pertinemment ce que vous faites de plaisant mais pas productif à la place de choses plus constructives.

Procrastinateur ? Glandeur ? Ou pas motivé ?

Voici une question qui fâche un peu mais intéressante à explorer.

Si l’on considère que la priorité du glandeur c’est de ne rien faire du tout, un procrastinateur n’en est pas un. Sinon, il se dirait je me mets au travail et je glanderai plus tard…

Incroyable paradoxe mais rassurant pour ceux qui reportent les choses importantes, au moins ils ne sont pas des glandeurs.

Aimer l’oisiveté n’est pas une calamité mais tout le monde sait que cela ne mène pas très loin dans la vie.

 La motivation elle-même peut être une excuse pour repousser les choses. Je ne suis pas motivé aujourd’hui je le ferai demain, or rien ne garantit d’être plus motivé demain.

Chercher la stimulation peut être aussi source de procrastination. J’écoute un peu de musique pour m’encourager et finalement je passe quarante minutes avec mes écouteurs au lieu de travailler.

On trouve la motivation dans l’action, même si vous n’êtes pas sûr de terminer, lancez-vous. Le concept japonnais du Kayzen qui consiste à multiplier les petits changements plutôt que de chercher de grands bouleversements est très efficace pour passer à l’acte.

Si vous devez ranger votre garage qui est un véritable capharnaüm commencez par réunir des cartons, des boîtes de rangements, des sacs poubelles et tout le matériel qui vous sera utile.

Ça ne garantit pas que le garage sera rangé dans la journée. Il y a tout de même un risque que le matériel reste dans un coin pendant un certain temps, mais vous êtes passé à l’action. Et de ce fait, vous serez probablement plus motivé pour persévérer.  

 Action égale motivation, cette dernière permet de poursuivre et de concrétiser un objectif, l’aboutissement d’un projet apporte de la satisfaction et donne confiance en ses capacités.

repousser les corvées
Plus on repousse une tâche, plus elle parait pénible

La technique de la surenchère procrastinatrice.

Voici une technique qui fonctionne très bien et que vous faites probablement sans le savoir. Elle consiste à utiliser la procrastination elle-même pour passer à l’action.

Mais comment cette habitude de tout repousser à plus tard peut-elle m’aider ?

Partant du principe que l’on reporte le plus souvent les tâches importantes ou pénibles, il suffit de trouver quelque chose à faire d’encore plus important ou contraignant. D’augmenter ce que j’appelle le potentiel d’ajournement.

Un exemple clair. J’ai décidé d’écrire un article sur la procrastination, j’ai du mal à m’y mettre et repousse sans cesse. D’autre part, je me suis aussi résolu à faire des vidéos.

Écrire des articles pour moi c’est plus facile et j’ai l’habitude. Faire de vidéos me parait plus compliqué et prendre plus de temps.

Voilà j’ai utilisé la surenchère procrastinatrice, depuis que j’ai décidé de faire des vidéos je n’ai jamais autant écrit, puisque je me dis je rédige encore un article et je ferai des vidéos après.

Je finirai cet article plus tard.

En conclusion de ce vaste sujet. Voici une petite histoire qui exprime très bien un élément simple et utile pour cesser de procrastiner.

Un jeune garçon doit faire un exposé en classe il choisi comme thème les poissons des abysses. Il emprunte plusieurs ouvrages à la bibliothèque, rentre chez lui décidé à se mettre au travail le soir même.

Or ça ne se passe pas du tout comme ça. Les livres restent empilés sur son bureau pendant un mois et prennent la poussière.

La veille du jour de son exposé en classe il n’a toujours rien fait, il se désespère et pleure devant les ouvrages sur les animaux des profondeurs.

Il demande de l’aide à sa mère qui lui répond :

« commence par un poisson et ensuite un poisson après l’autre… »

Vous l’avez compris il suffit de s’y mettre et de bien hiérarchiser les étapes. De ne pas vous culpabiliser, ce n’est pas parce que vous procrastinez que vous ne pouvez pas rendre un super exposé.

Merci de m’avoir lu.

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