Cesser de rougir et accepter le regard de l’autre.
Cesser de rougir et accepter le regard de l’autre.

Cesser de rougir et accepter le regard de l’autre.

Cesser de rougir un véritable défis. La peur de rougir ou l’éreutophobie peut être chez ceux qui en souffrent un véritable blocage dans de nombreuses situations. Quelles soient anodines comme demander son chemin ou particulière comme prendre la parole en public.

Le rougissement est un phénomène physiologique sur lequel nous pouvons malgré tout avoir du contrôle. Mais, surtout nous pouvons en avoir sur la perception que nous avons de nous même et de notre éreutophobie.

Voici des éléments clefs sur lesquels travailler pour cesser de rougir, s’accepter, accepter le regard des autres et enfin cesser de rougir.

Quelle est la marque de la liberté réalisée ? Ne plus rougir de soi.

Friedrich Nietzsche
cesser de rougir
Parfois on a plus peur de soi que des autres.

Peur de l’autre ou peur de soi?

L’élément principal de l’éreutophobie est bien entendu la peur. Il est important si l’on veut cesser de rougir de cerner d’où viens cette peur.

Avons-nous peur d’être ridicules ? De dévoiler nos faiblesses ? Rougissons-nous dans toutes les situations ou bien dans des cas vraiment spécifiques ? Apporter une réponse à ces questions est une première démarche non sans importance si l’on souhaite stopper les rougissements.

Il est utile d’évaluer sa peur de rougir en comptant par exemple le nombre de crises dans une semaine, les endroits les situations et leur donner une note de 1 à 10. Ces notes nous serviront de repères afin d’observer si les fréquences de crises et les situations évoluent.

Est-ce dû à la peur de l’autre, du jugement d’autrui? Se comparer sans cesse aux autres ? Tout ceci fait parti de ce que l’on appelle l’anxiété sociale. Alors, dans ce cas là il faut apprendre à se détendre, à se faire confiance et travailler l’estime de soi. Ceci bien sûr de façon progressive, chacun ayant un rythme qui lui est propre.

Les principales composantes de l’éreutophobie.

La peur de rougir est constituée de plusieurs éléments. Individuellement ils n’ont rien d’extraordinaire, mais combiné ils peuvent entrainer un certain mal-être qu’il est important de bien considérer si l’on souhaite s’en défaire.

J’ai les joues trop rouges. Le premier de ces facteurs est bien sûr le rougissement lui-même. Nous en avons déjà tous fait l’expérience, mais il peut être si prononcé et intense chez certains que cela peut virer à l’anxiété et une peur prononcée de rougir.

Je suis faible, pas crédible. Ce type de croyances limitantes sont courantes chez les éreutophobes. Elles ne sont pas toujours faciles à identifier et à comprendre. Ce sont des convictions profondes et indiscutables et qui sont un véritable frein au développement d’une estime de soi solide.

Je redoute le jugement des autres. L’anxiété sociale peut être variable en intensité, mais toujours présente. Une sorte de constante chez ceux qui souffrent de rougissement. Certains éreutophobes se savent timides et d’autres ne le sont pas. Cependant, tous redoutent le regard de l’autre qui provoque chez eux une émotion puissante.

J’évite ce qui me fait peur.

Chaque éreutophobe à plus ou moins grande échelle adopte un comportement d’évitement face aux situations qui le mettent mal à l’aise et où il sent qu’il risque de rougir. Ce comportement d’évitement de la peur bouleverse souvent la vie quotidienne, mais surtout nourrit cette peur et cela devient un cercle vicieux.

Je ne pense qu’à ça. La pensée que l’on puisse rougir devient parfois une obsession et cette tendance peut être renforcée par l’idée que l’on puisse avoir une crise de rougissement soudainement et en toutes situations. Paradoxalement, vouloir se forcer à ne plus y penser revient en fait à y penser encore plus.

Plus j’ai peur, plus je rougis et plus j’ai peur…. C’est cette spirale négative et limitante qui différencie les éreutophobes des personnes classiquement timides, au tempérament effacé, ou de ceux qui rougissent fréquemment, mais qui n’y portent pas d’attention particulière.

Est-ce physique ou psychologique? Ces deux éléments sont complémentaires et intimement liées l’un à l’autre. Le rougissement est un mécanisme physiologique, mais la façon dont le vivons est surtout liée à des facteurs psychologiques.

Orienter son attention pour cesser de rougir.

L’anxiété sociale, la timidité maladive, l’éreutophobie, la tendance au repli sur soi sont souvent liées à une crainte excessive du regard et du jugement de l’autre.

Travailler sur son attention est primordial. On peut la décomposer en trois partis.

-L’attention sur soi.

-L’attention sur l’autre.

-L’attention sur le décor/environnement.

Il faut trouver le subtil équilibre entre les trois. Si nous sommes trop concentrés sur l’autre, chacune de ses réactions peut entrainer chez nous une émotion trop vive et provoquer le rougissement.

Lorsque notre attention est auto-centrée cela risque de générer un stress lié à ce que nous ressentons et ainsi provoquer le rougissement.

Dans le cas où nous nous concentrons trop sur le décor alors nous risquons de ne pas être assez réactifs dans la conversation ou dans les échanges avec autrui. Ce qui finira par provoquer de l’anxiété et probablement le rougissement.

Quand nous sentons que la peur de rougir subvient c’est que nous sommes trop auto-centrée. Il est alors nécessaire de déplacer son attention sur l’autre ou sur le décor. Se concentrer sur la voix de notre interlocuteur, observer son visage ses réactions. Noter mentalement un détail du décor ou tout ce qui peut détourner notre attention de la peur de rougir.

Lorsqu’une personne nous impressionne, nous intimide c’est que notre attention est orientée en grande partie vers elle. Là aussi, il faut s’entrainer à la déplacer sans pour autant fermer la conversation ou ne pas être réceptif.

S’exercer à rediriger son attention n’est pas une chose facile, mais elle est importante si l’on souhaite cesser de rougir. Il n’y a pas de proportion universelle entre l’autre, soi, le décor, car chaque situation demande une répartition qui lui est propre. C’est à nous de trouver la formule adaptée à chaque circonstance.

chien décontracté
S’accorder des moments de détente pour repartir plus serein.

Apprendre à se relaxer.

L’apprentissage d’une ou de plusieurs techniques de relaxation peut être très utile pour cesser de rougir et surmonter l’éreutophobie. Apprendre à lâcher prise, à nous accepter tels que nous sommes.

Ici aussi c’est à chacun de trouver la méthode qui lui sera le plus adaptée. Une activité sportive ou culturelle, la méditation, le yoga. Les techniques de respiration sont également de bons moyens de se détendre.

Nous sommes nombreux à avoir des difficultés à nous relaxer et à lâcher prise. Ceci découle de notre mode de vie et de notre société orientée vers le résultat et la performance.

Se relaxer se détendre ne doit pas virer à l’injonction puisque cela fera l’effet inverse. Si nous nous mettons la pression parce que nous n’arrivons pas à nous détendre, cela entraine un cercle vicieux qui sera difficile de briser.

Il suffit parfois de modifier un comportement ou une pensée pour réussir à se détendre.

Affronter ses peurs pour cesser de rougir

Comme pour toutes les phobies s’exposer progressivement à l’élément qui nous fait peur est nécessaire.

Derrière l’éreutophobie se cache très souvent la crainte des autres, l’anxiété sociale. Si l’on souhaite cesser de rougir, il faut stopper de façon progressive les comportements d’évitement que nous avons mis en place.

La première étape est de déterminer clairement les situations qui provoquent en nous de la panique. En établissant une liste hiérarchique des situations anxiogènes, nous pouvons évaluer notre niveau d’anxiété pour chaque situation.

Un niveau élevé, un niveau moyen et un niveau faible. En utilisant la technique dite des petits pas, nous commencerons à nous exposer au niveau le plus faible.

Exposition elle-même progressive, rester cinq minutes (ou moins chacun choisi) dans une situation inconfortable et revenir en sécurité.

Augmenter progressivement le temps de confrontation à cette situation et une fois que nous sentons notre anxiété se réduire et la peur de rougir diminuer nous pouvons passer à un niveau plus élevé et reprendre le même processus.

Les éléments à retenir pour cesser de rougir 

-Hiérarchiser les situations inconfortables.

-Commencer par s’exposer progressivement aux situations avec le plus faible niveau d »anxiété.

-Augmenter crescendo le temps d’exposition.

-Répéter l’exercice plusieurs fois.

-Une fois plus à l’aise avec un niveau faible passer à un niveau moyen et ainsi de suite.

Si nous ne sommes vraiment pas du tout sûrs de nous. Nous pouvons dans un premier temps demander à une personne en qui nous avons une totale confiance de nous accompagner dans une situation stressante. Cela peut être un bon début, mais il ne faut surtout pas oublier que nous y serons forcément confrontés seul à un moment ou à un autre.

Nous pouvons aussi utiliser des exercices de visualisation.

En visualisant une scène dans laquelle nous savons que nous allons rougir, nous nous concentrons sur notre attention et notre respiration.

En restant spectateurs de la scène et non pas acteurs, nous pouvons alors réduire l’anxiété liée au contexte. Cela peut être un bon entrainement avant de s’exposer réellement.

Comme pour tout c’est la régularité, la constance et la progressivité qui feront la différence.

œil de femme
Les yeux voient comme ils veulent.

S’exercer à regarder les gens dans les yeux.

Regarder les personnes avec qui nous échangeons directement dans les yeux peut paraitre ordinaire, car c’est une attitude spontanée et naturelle. Cependant, c’est souvent le moment le plus angoissant pour les éreutophobes.

Le regard direct si l’es trop insistant peut être vécu comme une intrusion voir un rapport de force. Regarder l’autre dans les yeux ce n’est pas seulement voir les yeux de l’autre, mais c’est voir l’autre qui nous regarde. Ceci peut entrainer chez les plus sensibles une sorte de malaise, ainsi ils éviteront de regarder directement l’autre.

Ici aussi le comportement d’évitement nourrit la peur et il est préférable de s’exposer que de fuir. Pratiquer la technique des petits pas, voir même s’entrainer sur des photos ou la télévision.

Regarder l’autre dans les yeux c’est mieux faire passer son message, c’est s’affirmer. C’est être déterminé et afficher une certaine assurance. Rougissante ou pas une personne qui regarde dans les yeux est forcément plus convaincante. Il est fort probable quand agissant ainsi notre rougissement ne soit même pas perçu par l’autre.

Regarder les gens dans les yeux n’est ni une provocation, ni une intrusion ou une marque de désir. Encore moins une porte ouverte sur nos émotions ou notre inconscient. C’est juste un comportement habituel et conventionnel de communication, qui ne peut rien révéler d »intime et de profond.

Accepter nos émotions et cesser de rougir.

Agréable ou désagréable, positive ou négative une émotion est une réaction normale de l’organisme. Elles mélangent des sensations physiques, un ressenti interne intense et se traduit souvent par un changement d’attitude, de comportement.

L’émotion s’adresse à nous-mêmes, mais également à l’autre par les réactions qui en découlent. Si nous nous mettons en colère ou en pleure suite à une émotion trop vive, la personne qui est en face de nous comprend très bien ce que l’on ressent. C’est pour cela que les émotions ont leur importance dans les interactions sociales.

En revanche, elles ne disent pas toujours la vérité, il ne faut pas automatiquement leur donner une grande importance. Le rougissement par exemple découle d’une émotion, mais ne signifie pas forcément que nous sommes fautifs ou que nous ressentons du désir pour l’autre.

La peur de rougir ne signifie pas qu’il y a un danger, elle exprime simplement notre anxiété face à l’autre ou la situation

L’acceptation de nos états émotionnels, n’est pas de la résignation ni de la passivité. Au contraire, c’est avoir une attitude active qui consiste à se positionner de façon positive et objective dans le non-jugement de nous-mêmes. Accepter nos émotions sans vouloir les changer ou les contrôler ce qui est selon moi impossible et illusoire.

Plus nous cherchons à lutter contre elles plus elles nous submergent. Tout comme un bon marin qui ne se bat pas contre les éléments mais qui compose avec, il faut composer avec ce que nous éprouvons.

Changer d’attitude face à elles, vivre des émotions intenses ne devrait pas être vécue comme un problème, mais comme une richesse. Qui plus est, nous ne décidons pas de leur intensité, mais nous pouvons décider de l’importance que nous leur accordons.

Si nous avons un paysage intérieur riche en couleur, en émotions intenses, alors cultivons cette sensibilité. Acceptons les côtés négatifs et savourons les côtés positifs qui eux aussi sont ressentis plus puissamment.

Parler de nos émotions.

Tout comme éviter le regard des autres, éviter d’exprimer oralement ses émotions est une composante de l’éreutophobie. Nous percevons souvent le fait d’exprimer notre ressenti comme une révélation de nous-mêmes qui peut nous exposer au jugement de l’autre.

Paradoxalement, les personnes timides ou sensibles passent souvent pour des individus froids, voir indifférents. Cela s’explique par le fait que ce type de personne préfère le plus souvent ne rien afficher malgré leurs riches émotions plutôt que de se dévoiler.

Vouloir cacher ses émotions est inutile, et c’est prendre le risque qu’elles finissent par nous submerger.

Au lieu de les cacher de les « censurer »

il est préférable de les commenter, de les verbaliser. Utiliser des mots pour dire ses émotions permet de prendre une certaine distance vis-à-vis d’elles et ainsi commencer à les analyser.

Bien sûr il ne s’agit pas de passer son temps à commenter ce que l’on éprouve, mais réussir à le faire dans les moments ou nous nous sentons envahies par la peur de rougir peut être salvateur. Un moyen de relâcher la pression.

Par exemple, lorsque nous rencontrons quelqu’un qui nous impressionne nous pouvons le lui dire en utilisant des mots simples et clairs :« Je suis très content de vous rencontrer et à la fois très impressionné ». Cette simple phrase permet souvent de désamorcer la montée de l’anxiété. Sachant que la plus part du temps la personne cherchera à notre mettre à l’aise. N’oublions pas que la majorité des gens sont bienveillants.

Utiliser l’humour est aussi un bon moyen de relâcher la pression. Prévoir une plaisanterie au début d’une prise de parole en public est une technique souvent utilisée par ceux qui interviennent devant un auditoire. Elle a un double effet, mettre à l’aise celui qui parle et ceux qui l’écoutent et capter l’attention de chacun.

Nous pourrons constater que dire les choses que nous ressentons, n’est ni un signe de faiblesse ou de vulnérabilité, mais plutôt un signe de maturité et de capacité d’adaptation.

En finir avec les idées reçues, les croyances limitantes.

Si l’on veut cesser de rougir ou en tout cas ne plus être bloqué par cette peur il est important de bien saisir nos idées reçues, en voici deux exemples.

-Je rougis pour un rien et je sais tout de suite que je rougis.

Il est difficile de savoir soi-même et quel moment, l’on rougit. La personne qui rougit est vraiment la plus mal placée pour observer le rougissement. Elle est la seule à ne pas voir son vissage. La sensation de chaleur au niveau des joues n’est pas forcément signe de rougissement.

Nous ne pouvons pas savoir à quel moment nous rougissons ni avec quelle intensité. Il est inutile de perdre du temps à se poser cette question.

-Quand je suis rouge, tout le monde me voit et m’observe.

Nos émotions sont des états internes qu’il est impossible de connaitre précisément juste en regardant quelqu’un. Contrairement à ce que l’on pense parfois l’attention que nous portent les autres est très souvent inférieure à ce que l’on imagine.

Même si certaines personnes remarquent notre rougissement, si nous gardons un certain aplomb dans la conversation et la situation cela passera certainement inaperçu.

C’est notre attitude générale et non pas le rougissement qui peut poser problème. Si nous baissons la tête que nous parlons tout bas, rouge ou pas, cela renverra à notre interlocuteur et à nous-mêmes une image déformée de notre personnalité.

Si vous n »arrivez pas seul à composer ou surmonter ce trouble il existe plusieurs solutions d’accompagnement.

Les thérapies cognitives et comportementales. (TCC)

Les psychothérapies.

La méditation classique et la méditation de pleine conscience.

Le coaching, je propose d’ailleurs un programme de coaching spécial timidité ou affirmation de soi.

Merci de m’avoir lu.

Rejoignez moi sur Facebook

N'hésitez pas à partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.